• Deuxième version de la suite. J'ai effacé la première mouture dès sa publication. Trop crue. Une nouvelle mouture... édulcorée et plus courte. Inutile de s'éterniser.

    Il y a quelques jours, donc...

    Je suis nue,  allongée sur le ventre. Un froid glacial à l'extérieur, un temps à ne pas mettre une maîtresse dehors. Mais là j'ai chaud . Il est allongé sur moi, ses bras m'entourent, me caressent. Ses mots se font très doux, ses lèvres sur ma nuque, simples effleurement ou morsures qui me font frissonner de plaisir. Le temps s'est arrêté.

    Peu à peu, il me pénètre lentement, avec une grande douceur. Un désir immense de lui. Un bien être total. Le poids de son corps sur le mien, l'extrême douceur de ses caresses, le lent mouvement de ses hanches et de son sexe en moi.

    Parfois il s'interrompt, me couvre de caresses. A-t-il senti mon abandon ? Ses caresses se font précises, son sexe insistant. Peut être attend-il que je le repousse. Je ne le ferai pas... j'ai un vieux compte à régler avec un vieux démon. Et à cet instant précis je me sens prête à l'affronter. Je me sens confiante. Je me sens en sécurité. Je connais sa douceur, il connaît mes vieilles douleurs.

    Tout est tellement doux que l'on croirait une scène tournée au ralenti. Je m'abandonne à ses caresses. Nulle crainte en moi lorsqu'il sort le tube de gel de son tiroir. Nulle crainte lorsque qu'il me pénètre. Doucement, lentement...

    Aucune douleur... pourtant mes larmes coulent. Je pleure silencieusement. C'est l'affrontement entre la violence des images qui défilent dans ma tête et sa douceur à lui. Il essuie mes larmes, avec des mots très beaux que je garderai pour moi. Un petit trésor.

    Je ne veux pas qu'il s'arrête. Je ne veux surtout pas qu'il s'arrête. J'ai des images à effacer.

    Lorsqu'il a joui, s'est allongé sur moi, essoufflé, je me suis sentie victorieuse. Démon vaincu. jeu, set ... nul doute que le match suivra.


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  • Il existe des souvenirs que l'on souhaiterait oublier. Il existe des images que l'on voudrait effacer. Il existe des instants que l'on voudrait n'avoir jamais connus.

    C'était une toute petite plage, difficile d'accès. Et c'était là son atout majeur : un havre de tranquillité. C'est là que les djeunes (dont je faisais partie mais on ne les appelait pas comme ça à l'époque) aimaient à se retrouver la nuit pour refaire le monde (eh oui, je parle d'une époque où les djeunes faisaient autre chose de leurs soirées que s'envoyer des sms phonétiques).

    Lorsque la marée était basse, la plage en question était plus facile d'accès car les rochers sur les côtés étaient dégagés et permettaient une retraite sur la plage contiguë, bien plus fréquentée car pourvue de bars. Ainsi donc, lorsque la marée était basse, nous faisions des feux de camps car, si la maréchaussée débarquait alertée par le feu de joie interdit, nous pouvions filer. D'autant plus que le temps qu'ils descendent l'abrupt escalier à flan de falaise, nous étions déjà loin et mêlés à la foule d'estivants nocturnes.

    Pas de feu de camp ce soir là. Pas grand monde non plus. Ma bande de copains habituels était absente pour cause de virée en boîte. Je n'avais pas voulu suivre, je faisais la saison et me levais très très tôt pour travailler. Eux étaient en vacances. La nuit était très claire, le ciel dégagé et la lune très présente.

    Nous étions quatre. Je ne les connaissais pas ou si peu. Je les avais bien croisés à l'occasion mais nous n'avions aucune connaissance commune. Je ne sais plus comment je me suis retrouvée échouée sur cette crique avec eux. Peu importe. J'étais à l'âge où l'on se croit immortel et ou rien ne peut nous arriver. Nous étions donc quatre, l'alcool circulait, un peu d'herbe aussi je crois. Je ne sais plus, le contexte est assez flou. Nous avions bu, ne savions peut être plus trop ce que nous faisions. Nous ne faisions que parler, refaire le monde comme on aime à le faire quand on a 16, 18 ou 20 ans.

    Et ça a dérapé. Le terme est bien mal choisi, mais je ne sais pas trop quel mot employer pour le dire. Aucune intention de décrire. Disons pour résumer que même si je n'ai pas été frappée, je m'en suis tirée avec quelques bleus sur le corps et une fissure anale. Inutile que je précise que je n'étais pas consentante.

    Les heures suivantes sont dans un brouillard total. Je sais que je suis rentrée, que je suis allée bosser. Et que personne ne s'est aperçu de rien. On m'a juste trouvé mauvaise mine et l'air tristounette. Après tout, il n'y avait que des souvenirs dans ma tête et des stigmates sur mon corps. Cachés.

    Forte du principe qu'après une chute de cheval il faut bien remonter en selle ( à ceux qui répondront qu'après ma dernière chute de cheval j'ai juré de ne jamais remonter sur un canasson et m'y suis tenue, je répondrai « hors sujet »)... forte donc de ce principe je suis remontée en selle très vite. Aucune libido mais un appétit d'oubli hors du commun. Une quantité effroyables de corps contre lesquels j'ai frotté le mien. En douceur. Pour oublier.

    Peu à peu les images se sont éloignées. Le désir à fini par revenir. Puis j'ai fini par rencontrer mon premier amour et tout cela est resté enfermé dans un tiroir. Ne subsistait à ma conscience qu'un inébranlable tabou. Toute caresse même vaguement péri anale m'était insupportable. Toute pénétration impensable.

    De guerre lasse et face à son insistance j'ai cédé une fois à mon premier amour, qui n'a jamais vraiment rien su de tout cela. mais sa maladresse n'a fait que conforter mon refus.

    J'en étais encore là il y a quelques jours. Pourtant plus de dix ans avaient passé.

    Mon p'tit Loup garou m'en parlait de temps en temps depuis notre rencontre. Il connaissait mon refus catégorique et les raisons de celui ci.  Mais il a continué à en parler, avec douceur et sans la moindre trace de pression. Peu à peu je me suis détendue. Peu à peu j'ai commencé accepter ses caresses légères. Caresses sans insistance.

    Il y a quelques jours...

    Je finirai plus tard. Ma tête est douloureuse d'avoir évoqué ce souvenir. Je ne veux pas ternir la douceur de ce que je m'apprête à raconter.


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  • Rien de plus innocent qu'un repas à la cantine. deux services pour les enfants, trop nombreux pour manger en même temps. Un service pour les maîtres, généralement une dizaine, réunis autour de la grande table.

    Aujourd'hui, à ma droite notre si joli nouveau, face à moi une maîtresse de maternelle arrivée cette année.A de rares exceptions près, la moyenne d'âge est très jeune dans cette école. Il parle de son école de rattachement (rattachement administratif NDLR)... elle connaît, pour y avoir enseigné lors de sa titularisation.

    Elle raconte.

    cette année là, une jeune collègue est décédée. 22 ans. rupture d'anévrisme; Elle dit son nom... dit à quel point ça les a  secoués.J'en laisse tomber ma fourchette. les larmes aux yeux.

    tout le monde me regarde, héberlué. je devrais me taire... les mots sortent tous seuls. 24 janvier 2001. le téléphone qui sonne... la nouvelle qui tombe comme un couperet.

    J'avais fait un billet sur Maud... c'était le 13 août, dans saudade... pour ceux que ça intéresse.

    mal au coeur.

    PS: Heaven , quand tu me liras..., j'ai croisé un de tes commentaires sur un blog de djeuns... je te rassure, les enfants font encore des dictées (dans ma classe en tous cas, je peux le prouver!), on bosse l'orthographe... la grammaire, la conjugaison et le vocabulaire tant qu'on y est. (pardon... Observation réfléchie de la langue, programmes 2002 obligent) Mon école est en ZEP rurale, avec des résultats aux évaluations nationales bien inférieurs aux moyennes...pourtant, mes loulous maîtrisent bien mieux les règles du français que bien des casquettés en scooter sillonnant les rues de Blogland. J'ai bon espoir. la langue française n'est peut être pas (encore) condamnée.


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  • ...

    Ce n'est pas vrai que je ne peux pas dormir. Quand on se couche, on finit toujours par s'endormir.

    D'ailleurs je ne rechigne pas à rejoindre mon lit lorsqu'il est une promesse sensuelle.

    J'ai parfois l'impression de dilapider mes nuits. Le corps de l'homme que je caresse n'est jamais celui que je veux. Amants, de passage ou réguliers. certains connaissaient mon vide, ont tenté de le combler de leur mieux, avec une grande tendresse et beaucoup d'affection trouble.

    Le corps de l'homme que je caresse n'est jamais celui que je veux... je suis dure en disant ça. je passe des moments divins, mon corps, mes sens sont comblés. est-ce suffisant?

    Au moins la frustration ne vient pas s'ajouter à ce foutu coeur qui n'en finit pas de pleurnicher...

    je voudrais...

    être amoureuse...

    d'un autre...


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  • Y a des qualités de silence
    Comme des étoffes ou le bois
    Des profonds, des courts, des immenses
    Des que l'on entend presque pas


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